Le Champagne : c’est bon, mais on n’a pas fait exprès !

Aujourd’hui, la renommée des vins de champagne n’est plus à prouver. Mais sachez que ce n’était pas gagné d’avance ! Découvrons ensemble l’histoire de ces vins uniques.

Protégée par un cahier des charges ultra restrictif et envié de tous, la production de Champagne est surtout connue pour ses vins pétillants ! Nectar de fête par excellence, les bulles de ce délicat breuvage ravissent les palais délicats depuis des centaines d’années. 

Les bulles de champagne dans un restaurant parisien
Près d’un million de bulles par coupe de champagne !

Un terroir absolument pas magnifique

Les Romains, grand amateurs de vin, plantent très tôt des vignes sur les coteaux de Champagne. Mais le climat frais n’est pas des plus propices et les vins sont pour le moins… acides. Très acides. Par ailleurs, l’hiver arrive tôt et empêche la fermentation de s’achever correctement. En résulte un vin un peu perlant (petites bulles mal maîtrisées). Aujourd’hui, on parlerait d’une sacrée piquette – mais comme beaucoup de vins de l’époque ! Donc on s’en offusque peu, et avec le sacre de Clovis à Reims dans les années 500, les vins de la région sont associées à la royauté et à la célébration. Mais de là à le vendre, faudrait pas exagérer. Le commerce de la laine est florissant et le champagne est utilisé comme cadeau pour les clients.

Les vins de Champagne gagnent réellement leurs titres de noblesse au Moyen Âge. Paiement de la dîme oblige, les paysans apportent leurs raisins à l’Eglise : les moines doivent jongler avec des raisins de terroirs différents, de cépages différents, parfois même de millésimes différents. Qu’à cela ne tiennent, ils s’adaptent et passent maîtres dans l’art des assemblage. Dom Pérignon a d’ailleurs un certain talent pour associer les lots de raisins qui donneront les meilleurs vins.

La statue de Dom Perignon par Moet et Chandon au niveau de l'avenue de Champagne à Epernay
Le Moine Dom Pérignon. Son nom est aujourd’hui plutôt connu comme étant une marque de champagne produit par LVMH

Conjointement, le Pinot Noir fait son apparition dans la région au milieu du XVIème siècle. C’est un cépage d’une qualité exceptionnelle, qui permet pour la première fois de produire un vin blanc à partir d’un raisin noir ! L’expression Blanc de Noirs n’existe pas encore, on parle de vin gris, mais l’innovation fait fureur à la cour du Roi Soleil, renforçant l’image royale des vins de Champagne.

L’art de la vinification

Bon… Houston, on a un soucis. Les clients des vendeurs de laine s’intéressent de plus en plus à ces « bouteilles cadeaux ». Ils veulent même en commander ! Le marché ne mériterait-il pas qu’on s’y intéresse ? Comme le hasard fait bien les choses, nous sommes en 1728 et Louis XV autorise par décret le transport du vin de Champagne (et uniquement de Champagne !) par bouteille et non par tonneau. Vous savez ce qu’il se passe quand on stocke un vin perlant dans un tonneau ? Les gaz s’échappent par les porosités du bois. Et quand on le stocke dans une bouteille ? Le gaz s’accumule. La pétillance du champagne apparaît… Et plaît ! Dès lors, tout s’enchaîne : les Champenois mènent des expériences visant à maîtriser cette effervescence. En 1770, ils imaginent une bouteille plus solide, capable de supporter la pression du vin. Le bouchon en liège s’habille d’un muselet en 1844.

Muselet de champagne oxydé sous l'eau par Gaston Révolte le Don de la Mer
On pourrait croire que ce muselet date de 1844… L’oxydation poussée est due à 10 mois de vieillissement en pleine mer (champagne Gaston Révolte Le Don de la Mer)

Une étape fondamentale fut la découverte en 1860 des micro-organismes vivants que sont les levures par Pasteur. Cela donne aux Champenois l’idée d’ajouter des levures non indigènes au moût, ce qui favorise grandement la prise de mousse ! Un travail de sélection des levures s’ensuit pour maîtriser la bulle, jusqu’à la consécration de 1936 : le Champagne devient une AOC, avec ses règles de production et son aire d’appellation. La machine est lancée.

La Champagne aujourd’hui

Il y a plus de 5000 vignerons en Champagne : de grandes maisons (Ruinart, Veuve Cliquot, Castellane…), de petits producteurs (Virginie T, Coessens, Mater et Filii…), des cooperatives (Nicolas Feuillate).
Les principales variétés de raisins employées sont le Chardonnay, le Pinot Noir et le Pinot Meunier, mais sept sont en fait autorisées puisque nous avons également : l’Arbane, le Petit Meslier, le Pinot Blanc et le Pinot Gris qui cumulent 0,3% des surfances cultivées. Si vous souhaitez les déguster ces variétés, vous pouvez vous intéresser aux Champagnes des Frères Laherte !

Champagne aux 7 cépages par Laherte frères
Les frères Laherte assemblent ici 10% de Pinot Gris, 18% de Chardonnay, 18% de Meunier, 15% de Petit Meslier, 8% d’Arbanne, 14% de Pinot Noir et 17% de Pinot Blanc dans un champagne dosé entre 0 et 4 g/L vinifié en solera

Certains le préféreront non dosé (sans sucre ajouté), d’autres sec (entre 16 et 32 grammes de sucre dans la liqueur d’expédition), rosé ou blanc de blanc, millésimé ou non… Quels que soient vos goûts, vous trouverez champagne à votre palais !

Verre de champagne avec vue sur la mer méditerrannée
A votre santé !

Et pour terminer cet article, une petite citation d’une auteure que j’affectionne, Amélie Nothomb : « Il y a un instant, entre la 15e et la 16e gorgée de champagne où tout homme est un aristocrate. » A bon entendeur !

dalkialoveswine

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