Alcool et couvre feu, à quoi s’attendre ?

Pour lutter contre la pandémie de coronavirus, le confinement a été une expérience inédite, unique en son genre. Qui aurait cru que quelques mois plus tard, on partirait sur un… Couvre feu ? Bienvenus dans l’année des premières fois ! Et du coup, coincés chez nous, quel est notre rapport à l’alcool ? A en croire l’enquête menée par Santé Publique et dévoilée le 13 mai 2020… Bah on buvait moins. Surpris ? Tirons les enseignements de cette période qu’on préférerait oublier.

Bel Ordinaire Rive Gauche (75005) restaurant pour les amateurs de vin
J’espère que vous avez bien profité de votre dernier restaurant… Ici, le Bel Ordinaire Rive Gauche (75005), une adresse à avoir pour les amateurs de vin

L’apéro à domicile

Lorsque la fermeture des bars et restaurants a été décrétée, les Français se sont retrouvés privés de trois plaisirs bien de chez nous : manger, boire, avec des copains. Les copains, en confinement, on a fait une croix dessus. Côté manger, nous nous sommes découverts des talents insoupçonnés de chefs étoilés. La première semaine, c’était pâtes au pesto maison, au bout de la 3ème semaine Google était assailli de recherches pour faire son propre levain. Côté boire par contre… 24% des Français ont déclaré avoir moins bu d’alcool pendant la période. A croire que les apéros Skype n’étaient pas du goût de tout le monde ?

Les résultats de l’enquête Santé Publique menée pendant le confinement (30 mars et 1er avril 2020)

Le couvre feu, ça va être une autre histoire. Vraiment ? On va pouvoir voir des gens (10 si réunion dans la rue, 6 si chez vous). On va pouvoir prendre un verre (mais seulement au resto, et à 21H il faudra être rentré). Les bars restent fermés, trop coronavirus friendly. Autant vous dire que la différence avec le confinement est pas hyper nette, à moins que vous ne comptiez commencer vos journée à 6H pour dîner à 17H et terminer de trinquer au plus tôt (9PM is the new midnight). Même si les règles du couvre feu ne sont pas exactement les mêmes que celles du confinement, je ne suis pas sûre que la fenêtre de tir qui est laissée permette un grand différentiel d’expression. Oui, vous pouvez ré-installer House Party…

On a bu quoi pendant le confinement ?

Quelles ont été vos habitudes de consommation pendant le confinement ? Et bien pour commencer, vous n’avez pas bu de champagne. L’esprit n’était pas à la célébration il faut dire. Petit regain des ventes le 9 mai, soit 2 jours avant le déconfinement, histoire de préparer le retour à la liberté. Par contre, vous vous êtes lâchés sur… Les petits prix. Cela fait plusieurs dizaines d’années que le marché du vin connaît la même tendance : les volumes vendus baissent, mais la valorisation augmente. En clair, on achète moins, mais de meilleure qualité. Confinement et crise du coronavirus ? Marche arrière toute. Les IGP ont eu le vent en poupe, portées par un format qui d’habitude ne fait pas l’unanimité : le BIB. Les Bag In Box présentent un intérêt économique évident, avec un prix moyen imbattable à 3,86€/L. Ils ont aussi l’avantage d’allonger la durée de consommation du vin. Une fois rentrée dans la porte de votre frigo, vous pouvez vous servir un petit verre par ci par là sans risque que le vin ne s’oxygène et perde ses saveurs.

Désolée pour ce schéma très moche mais néanmoins très clair sorti par Vin et Société (chiffres IRI). Vous avez ici l’évolution des achats de vin vs l’année dernière à la même période. Les seuls vins d’appellation épargnés pendant le confinement provenaient du Beaujolais, région viticole qui bénéficient d’une bonne image prix. Attention, l’étude ne prends pas en compte les cavistes et les sites de vente de vin en ligne (ni les drives). Bien dommage car la plupart des sites ont explosé niveau ventes (des chiffres dignes d’un mois de décembre en plein milieu de l’année). Leur poids dans la distribution n’aurait cependant pas suffit à contrebalancer la tendance globale (80% des vins sont achetés en grande distribution pour rappel). 

Et le couvre feu, ça va donner quoi ?

Si les tendances du couvre feu sont similaires à celles du confinement, votre foie vous remercie d’avance. Néanmoins… La conclusion d’une moindre consommation d’alcool pendant le confinement me laisse perplexe. D’abord, parce que les Français auraient moins bu… d’après leur dire. Et vous savez que toujours d’après leurs dires, ils n’achètent pas de poulets élevés en batterie, privilégient la provenance France pour leurs achats de fruits et légumes même quand la tomate Espagnole est en promo, et boivent « raisonnablement » lorsqu’ils vont au bar. Il y a toujours un différentiel entre l’image projetée de sa consommation, et sa consommation réelle.

Gewurztraminer de 1988 dans une cave à vin d'alsace
Et vous, on trouve quoi dans votre cave ?

Deuxième biais, les conclusions de l’étude s’appuient sur des éléments factuels : les sorties caisses des magasins. Si vous n’achetez pas, c’est que vous ne consommez pas. Raisonnement implacable quand on parle de jambon. Mais quand on parle de vin ? Un produit qu’on peut stocker, et qui se bonifie avec le temps ? Une étude Ipsos publiée en 2015 avait analysé les caves des Français. En moyenne, nous gardons 68 bouteilles. Pas mal non ? Mon petit doigt me dit qu’après le confinement, on est à bien moins que ça !

Si vous voulez mon avis, les Français ont profité du confinement pour descendre dans leur cave et se faire plaisir. C’est le meilleur que je puisse vous souhaitez pour ce couvre feu à venir. Bon courage, protégez-vous du coronavirus et surtout, n’oubliez pas que Tous les Chenins mènent arôme comme dirait la carte de visite (et la splendide carte des vins !) du Bel Ordinaire.

6 réflexions sur « Alcool et couvre feu, à quoi s’attendre ? »

  1. dans la vallée du Rhône les septentrionaux s en sont bien sorties avec des volumes constant sur les mois de mars avril et mai et une envolée de + 30% sur juin et idem sur juillet

  2. Merci pour les infos et le partage de ton avis Diane. Effectivement l’étude est partielle et les conclusions ne peuvent pas être généralisées.

    1. En effet Sabrina. Typiquement, les données considérées sur le global des ventes ne prennent pas en considération le fait que la France a accueillit zéro touristes (presque) cette année. Du coup, il faudrait rapporter les volumes au nombre de personnes présentes sur le territoire plutôt que de les considérer d’une année sur l’autre.

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