Les arômes bizarres du vin

Vous avez déjà assisté à une dégustation durant laquelle l’expert trouve des odeurs et des goûts un peu bizarres dans son vin ? Moi si ! Depuis le rosé qui a un côté « neigeux » au rouge qui sent la « pluie sur galet chaud », il est bien des manières d’exprimer ce qu’on ressent. Voici mon top 3 des arômes bizarres entendus en dégustation… Mais qui existent vraiment !

Le pipi de chat est un arôme bizarre mais caractéristique du Sauvignon Blanc !
Le pipi de chat est un arôme bizarre, mais caractéristique du Sauvignon Blanc !

Le pétrole

Et oui, les vins qui sentent le pétrole, ça existe ! Pour le dire de manière plus poétique, on parle d’une odeur d’hydrocarbures. Elle se trouve plutôt du côté des vins Alsaciens, et plus spécifiquement dans le riesling, cépage roi de la région. Ce qu’il y a de marrant sur cet arôme ? A date, il y a un grand débat sur le fait que le côté « pétrolé » serait en fait… Un défaut qui apparaîtrait lors de la vinification… Mais qui a été tourné en qualité, voire même en marqueur variétal du cépage riesling ! La déviance serait venue du fait que le riesling exprime ce type d’odeurs en vieillissant. Mais il ne serait pas caractéristique des rieslings jeunes… 

dégustation de vins d'alsace au domaine boeckel et leurs arômes de pétrole
Pour déguster des riesling un peu âgés, l’idéal est de se rendre au domaine, ici à Mittelbergheim chez la famille Boeckel

Je mets tout cela au conditionnel car il s’agit d’un débat ouvert. Sentez-vous libre de participer, ou d’ouvrir une bouteille de chez Trimbach ou Hugel, des vignerons dont les rieslings sont réputés exprimer cette note.

Le poney

Sur cet arôme là, il y a beaucoup de variante. Vous pouvez aussi entendre parler d’écurie, de sueur ou d’urine de cheval, de goût de souris. Autant dire que si vous n’êtes pas cavalier, les nuances sont compliquées à appréhender. Mais en bref : ça pue. Il s’agit d’un défaut majeur du vin dû à l’expression de levures nommées Brettanomyces. Du coup, le terme technique est que le vin est « bretté ». En fonction du degré de brett, vous pouvez aller jusqu’au poney, mais s’il est plus léger ou que n’avez pas le nez sensible à ce genre d’odeur, vous resterez sur un prudent « c’est rustique ». Surprenant mais vrai : il est certaines personnes qui apprécient ce caractère, lui voyant un côté rustre, authentique, terroir.

jolie photo de vin rouge, malheureusement bretté
Un vin bretté n’est jamais perdu quand on est blogueur : au pire il termine dans l’air !

Les bretts apparaissent exclusivement dans les vins rouges, dès leur jeunesse (au contraire des arômes « animaux » ou « cuir », qui apparaissent avec l’âge et sont appréciables). Si vous voulez vous initier à cette odeur, cherchez du côté des vins natures. En effet, en fonction des méthodes employées par le vigneron, il arrive (trop souvent malheureusement) que le vin soit contaminé par des bretts et que cet arôme apparaissent. Après, à vous de voir si vous appréciez ou pas.

La pierre à fusil

Voilà le tout premier arôme « bizarre » que j’ai pu entendre ! A cette époque, la notion de « minéralité » n’était pas répandue et il s’agissait du terme consacré pour décrire les vins de Chablis. Les explications de notre prof n’ont néanmoins pas été très convaincante, et sa conclusion a été que la prochaine fois qu’on allait se balader, on n’aurait qu’à lécher les cailloux qui nous entouraient pour comprendre quels goûts ils avaient. Un peu extrême… Mais pas complètement dépourvu de sens.

mathusalem de chablis et son arôme caractéristique : la pierre à fusil
Keep calm and lick stones

En ce qui concerne la fameuse pierre à fusil, il s’agissait de l’odeur que dégageait les deux silex des mousquets des fantassins, lorsqu’ils s’entrechoquaient pour allumer la mèche. Du coup, ça a un côté à la fois minéral « silex » (une acidité droite, saline… Sérieusement, ça serait plus facile si vous léchiez un silex), et un côté « mise à feu » : légèrement fumé. A retrouver dans les Chablis ou les Sancerre, dès leur jeunesse, et dans une moindre mesure dans certains blancs du sud et quelques Chasselas Suisses.

Voilà, j’espère que vous avez apprécié cette petite introduction aux arômes un peu bizarres. Sachez qu’il en existe énormément !! Si les arômes du vin vous intéressent, n’hésitez pas à approfondir le sujet avec Leslie, elle les décrit magnifiquement, des plus classiques (litchi, framboise) au plus atypiques (vernis à ongle, fougère…)

4 réflexions sur « Les arômes bizarres du vin »

  1. Top, merci pour cet article, Dalkia!
    Pour le côté « neigeux » du rosé, j’ai du mal à voir ce que tu veux dire. Pour ma part, je décris certains arômes fermentaires du rosé (pas les amyliques, les levurés) comme un parfum de « petit-suisse », c’est de ça qu’il s’agit? Ce côté frais et suret?

    1. Haha tu fais bien d’en parler ! Le Côté neigeux je l’ai entendu d’un dégustatrice du Gault & Millau italien lors du concours de Lyon. C’était en 2016… Et je n’ai toujours pas compris ce que ça pouvait signifier ! Appel à interprétation ouvert 😉

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